« Si je ne me raisonnais à certains moments, je crierais à qui voudrait bien l’entendre qu’Haïti est le plus beau et le plus ravissant pays du monde et que les Haïtiens représentent un peuple beau, grand et magnifique. (...) » Jean Métellus Haïti une nation pathétique -

Edris Saint-Amand

Né au Gonaïves, le 26 mars 1918, Edris Saint-Amand a fait ses études secondaires à Port-au-prince, à Saint-louis de Gonzaque. De là il est entré à l'Ecole des Sciences Appliquées où il n'a passé que deux ans. Parti pour la France en 1949, il a obtenu son diplôme de l'Ecole des Hautes etudes Internationales. De retour en Haïti en 1958, il a été nommé professeur à L'Institut Haïtien des Hautes Etudes Internationales.

Présentation d'Edris Saint-Amand par Ghislain Gouraige - Histoire de la littérature haïtienne, 1963 -

Edris Saint-Amand - Une voix discrète mais inoubliable

Edris Saint-Amand, l’un des écrivains haïtiens les plus percutants du 20ième siècle finissant vient de s’éteindre le 9 février dernier à l’âge de 86 ans. A Alice Malvoisin, son épouse, professeur de chimie et de sciences naturelles, à ses enfants et à ses proches, nous présentons nos sincères condoléances.

Nous ne disposons malheureusement pas de données suffisantes pour brosser le portrait de l’homme et de l’auteur. Nous n’avons pas eu la chance de le fréquenter suffisamment pour recueillir ses pensées et ses conceptions sur l’art et la littérature en particulier. Mais nous connaissions ses exigences, son sens de l’honneur, son intransigeance en matière de création artistique. Edris ne tergiversait pas avec la vérité et ne faisait pas la cour à toutes les modes qui se disputaient l’attention des uns et des autres. La pensée d’Edris luisait et brillait naturellement. Car Edris était un homme tout de bon, pour de bon, véritablement, réellement. C’est en tout cas l’impression qu’il a donnée à mes enfants, à ma femme et à moi lors de nos rencontres à Bonneuil ou en Haïti.Mais Edris n’est pas un simple citoyen qui vient de disparaître, c’est le dépositaire d’une culture, d’un grand savoir, d’une vision réaliste et généreuse de la réalité haïtienne.A chaud, je ne peux pas argumenter mes affirmations comme il conviendrait mais je suis persuadé que nombre d’écrivains, de poètes et d’artistes n’auraient aucun mal à adhérer à mes sentiments sur cet écrivain de très haute volée.

(...)

Si de leur côté Ghislain Gouraige, Docteur ès lettres en Sorbonne et professeur à l’Université de Port-au-Prince, auteur d’une « Histoire de la littérature haïtienne » (de l’indépendance à nos jours 1960) et Pradel Pompilus, auteur du « Manuel illustré d’histoire de la littérature haïtienne » ( en collaboration avec les Frères de l’Instruction Chrétienne 1961 (Port-au-Prince Henri Deschamps) ont tour à tour salué la valeur artistique de Bon Dieu Rit et le talent incontestable de son auteur, il était naturel que le premier prix Hatier International de littérature de caraïbes soit décerné à Edris saint-Amant pour son deuxième roman : Le Vent de Janvier écrit avec la même ferveur la même conviction que Bon dieu rit et sans aucune concession.Ce n’est pas le moment de disserter sur ses travaux de critiques et de commentateur, chefs d’œuvre de perspicacité et de réussite. Il avait cette qualité exceptionnelle de comprendre les parenthèses, les non-dit, d’entendre les silences.

Souhaitons que le jeunesse haïtienne se laisse traverser par l’œuvre de cet écrivain discret et charmant, sensuel et lumineux.

Jean Métellus

Source : le blog de Jean Métellus , voir : Hommage à Edris Saint-Amand pour le texte intégral.
Extrait de l'article paru en Haïti dans le journal "Le nouvelliste" les jours qui ont suivi le malheureux décès d'Edris Saint-Amand.


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« (…) Je tenterais même d’expliquer que si Haïti connaît le sort qui est le sien c’est à cause de la jalousie d’un monde qui n’a jamais vu d’un bon œil se développer dans cette partie des caraïbes un peuple capable de réaliser toutes les grandes œuvres humaines (...). »
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