« Si je ne me raisonnais à certains moments, je crierais à qui voudrait bien l’entendre qu’Haïti est le plus beau et le plus ravissant pays du monde et que les Haïtiens représentent un peuple beau, grand et magnifique. (...) » Jean Métellus Haïti une nation pathétique -

Alexandre Sabès dit Pétion


Tableau de Guillaume Guillon-Lethière

Alexandre Sabès dit Pétion est né en Haïti à Port-au-Prince le 2 avril 1770, de Pascal Sabès un colon français et d'une mulâtresse nommée la dame Ursule (il est de quatre ans le cadet du célèbre Capitaine Delgrès et de 8 ans celui du Général Dumas). Il appartenait à la catégorie des affranchis et adopta le pseudonyme de Pétion, en hommage à Pétion de Villeneuve, qui fut membre de la Convention et de la Société des Amis des Noirs.

Notons qu'il est né l'année où Jean-Baptiste Pointe du Sable, lui aussi métis haïtien / français, remontait le Missisipi pour fonder quelques années plus tard la ville de Chicago. Le Général Pétion est une des figures emblématiques de la première nation noire Haïti, c'est personnage de gauche, ce tableau d'un autre métis de renom Guillaume Guillon Lethière "Le Serment des Ancêtres" symbolise l'union des noirs (Jean-Jacques Dessalines à droite) et des mulâtres (Alexandre Pétion) sous la bénédiction du Dieu blanc.

Union qui a permis à Haïti de se libérer du joug de Napoléon et de montrer l'exemple à toutes les colonies de l'époque en devenant la première nation noire en 1804. Il a pris le pouvoir du sud d'Haïti de 1807 à sa mort le 29 mars 1818 (année de naissance de Frederick Douglass qui sera quelques années plus tard administrateur d'Haïti pendant l'occupation américaine), durant cette période, je vous propose ci-dessous anecdote marquante :

En 1815, Pétion a reçu en Haïti Simón Bolívar qui s'était fait chasser du Venezuela et c'est lui qui lui a donné les matériaux nécessaires pour reprendre sa campagne de libération de son pays. Comme contrepartie, il a exigé de Bolívar qu'il fasse émanciper les esclaves de toutes les terres libérées ! Il a établi le lycée Pétion à Port-au-Prince et laissé son nom à la banlieue "huppée" de Port-au-prince : Pétion-ville.
Pour une première esquisse de la personnalité du Général Pétion, ci-dessous un extrait de la pièce de théâtre de Jean Métellus : "Le pont rouge" (Pétion et Dessalines discutent stratégie au sujet de l'indépendance d'Haïti) :
Pétion

Leclerc n'aimait ni les généraux mulâtres ni les généraux noirs.

Dessalines

Il n'était qu'un enfant de choeur à côté de Rochambeau. Rochambeau souhaite tuer tous les nègres de la colonie et en faire venir d'autres qui n'ont jamais entendu parlé de liberté et d'égalité.

Pétion

A bien des égards, Général en chef, je préfère, comme vous affronter la cruauté
affirmée de Rochambeau au lieu de lutter contre la stratégie perfide de
Leclerc.
Source : L'Apologie du Métissage, Le général Pétion, Métis et héros de la première république noire.

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